Opinions

La région d’Oron s’élance vers un destin commun

(Article paru dans 24heures du 23.11.2010)

Dix communes ont décidé de s’unir. C’est le peuple qui scellera, ou pas, leur union ce week-end

A priori, aucun des mariés ne dira non. Dix communes de la région d’Oron s’apprêtent à unir leur destin. Si le oui l’emporte lors de la votation populaire de ce dimanche, la nouvelle ville se nommera Oron et comptera 4560 habitants de Bussigny-sur-Oron, de Châtillens, de Chesalles-sur-Oron, d’Ecoteaux, d’Oron-la-Ville, d’Oron-le-Châtel, de Palézieux, des Tavernes, des Thioleyres et de Vuibroye. La nouvelle entité appelée à naître en janvier 2012 aura son siège administratif à Palézieux.

La région s’élance vers un destin commun. Mais après les échecs à Aigle et à Terre Sainte, à La Côte, la glorieuse incertitude des fusions laisse planer des doutes. Solide, le projet pourrait échouer si une seule commune dit non. Il suffirait, par exemple, qu’une majorité des 79 habitants de Bussigny-sur-Oron s’y oppose pour que la fusion à dix soit enterrée. Au sein des Municipalités, la confiance règne. A leurs yeux, le seul danger pourrait venir d’Ecoteaux, pourtant bourgade voisine du canton de Fribourg, l’as des fusions. Mais Ecoteaux est aussi accolé à Maracon qui s’est retiré du processus de fusion il y a quelque mois. Ce qui explique peut-être pourquoi c’est son Conseil général qui a dit le plus petit oui (27 contre 12 non) à la convention de fusion. Dans les neuf autres organes délibérants, le vote a viré au plébiscite.

Au sein des petits villages confrontés à la difficulté de renouveler les élus, on voit en outre dans la fusion un moyen de faire face à l’augmentation croissante du travail administratif à traiter. Mais il subsiste encore ici et là la crainte de devenir une nébuleuse autour d’Oron et de Palézieux, ossature de la commune à naître. La première localité, dont la population a augmenté de 60% en trente ans, se profile comme le centre commercial, alors que Palézieux s’apprête à devenir un important carrefour en matière de transports.

A ces peurs, les partisans de la fusion avancent qu’il faut se réunir pour être plus forts. Afin de mieux se faire entendre par le canton, mais aussi au sein du district. Car le bas, lui, comptera déjà une ville de 5000 habitants – la nouvelle Bourg-en-Lavaux – dès le 1er juillet prochain.
Pas d’opposition organisée

Pour l’heure, aucune opposition organisée à la fusion n’est apparue. Et l’on ne parvient pas à évaluer le nombre des opposants silencieux. La perspective de réaliser des économies globales de l’ordre de 1,3 million par an et de recevoir un cadeau du canton de 2,7 millions les a peut-être fait taire à jamais. Et puis les dix communes œuvrent déjà main dans la main dans les secteurs scolaires, du feu, des sociétés locales, du football et de la Jeunesse qui est déjà fusionnée. Syndic d’Oron-la-Ville et député, Philippe Modoux est confiant. D’ailleurs, plus d’un tiers des habitants a répondu à une enquête: 75% d’entre eux ont accepté le principe d’une fusion.

Claude Béda

Article paru dans "Le courrier" du 18.11.2010

L'émotion et le pragmatisme

Article paru dans "Le courrier" du 18.11.2010Plus on s'éloigne du pays, plus on est proche

 

Fusion: enfin l’opposition se manifeste ! 

 

Les habitants d’Ecoteaux ont trouvé dans leur boîte une lettre ouverte demandant de voter "non" à la fusion. Dommage que la lettre soit anonyme ! On a tout de même le droit d’être contre la fusion ! 

Article Le Messager du 15.10.2010La même semaine, le Messager a publié un courrier des lecteurs (Voir ci-contre) émanant aussi de citoyens d’Ecoteaux posant des questions sur la fiscalité, la comptabilité et s’interrogeant sur le poids véritable des commissions et groupes de travail qui ont préparé le dossier et préavisé favorablement à la fusion. 

Enfin l’opposition se manifeste ! Enfin car qui dit opposition dit débat, qui dit débat dit clarification sur des points encore obscurs. Ces échanges sont l’essence de la démocratie et il ne faut pas en avoir peur. Avis aux anonymes ! 

Ouvrir le débat 

Séance d’information. Le lundi 1er novembre à 20h00, une séance d’information est organisée au Château d’Oron. Seront présents le conseiller d’Etat Philippe Leuba, Laurent Curchod, le bureau Compas et les syndics. C’est l’occasion unique de s’informer des tenants et aboutissants de la fusion. C’est l’occasion d’exprimer ses doutes, ses interrogations, son opposition. 

Finances. Pour les impôts, le taux a été fixé à 73 pour l’exercice 2012. La bascule imposée par l’Etat le ramènera à 67 (69 si la loi sur la Police passe le cap du Grand Conseil). Pour 2012, le taux est fixé dans la Convention soumise au vote et ne pourra pas être changé. Pour 2013, le Conseil de 70 membres élus à l'automne prochain prendra ses décisions en fonction du budget présenté par la nouvelle Municipalité. Le Conseil, issu de dix cercles électoraux pour la première législature, sera représentatif de toutes les anciennes communes. Les prévisions du bureau Compas, les rationalisations possibles, les investissements souhaités et la contribution   du canton  font apparaître une situation budgétaire équilibrée à moyen terme. Et c’est sous estimer les commissions qui ont planché sur les finances que de les traiter de "commissions alibis". A plus long terme, les autorités élues prendront leurs responsabilités, tout en sachant qu’une assiette fiscale élargie permet des finances plus solides et moins soumises aux caprices de la conjoncture. 

Perte d’autonomie. Plus de conseil général, plus de municipalité, plus rien à dire sur les déchets, l’épuration, le plan de zone, les investissements au village, la perte "du sentiment que la Commune nous appartient un peu, comme nous appartenons à elle". C’est le propos de la lettre ouverte. On peut comprendre ce point de vue mais se dire que si tout le monde fonctionnait comme ça, on ne quitterait jamais sa famille pour en fonder une autre. Nous avons tous coupé les ponts une fois ou l’autre pour voir plus grand tout en restant fidèle à nos racines. Penser qu’une fusion est la mort des villages et de la vie locale est réducteur et ne se vérifie nullement dans  les faits. De nombreuses fusions en témoignent. 

Vie politique. "Les partis politiques orienteront nos choix". Ce n’est pas certain du tout, voire mêm très peu probable. De nombreuses communes de la régions lausannoises fonctionnent parfaitement sans partis: le Mont, Belmont, Savigny. A Pully, l’entente communale regroupe ceux qui ne veulent pas faire partie d’un parti. La future commune d’Oron, homogène au point de vue des opinions politiques, ne sera certainement pas une arène où se déchireront les factions ! 

Tout ceci mérite d’être dit plutôt que lu et d’être débattu entre citoyens responsables. Alors rendez-vous le 1er novembre au Château d’Oron et surtout le 28 novembre dans  les urnes. 

Claude Quartier