Fusion: un pas en arrière, un pas en avant

La Terre Sainte n’est pas Oron

216 oui contre 97 non;  sept  villages pour et Founex contre: le projet de fusion des communes de Terre Sainte (Bogis-Bossey, Chavannes-de-Bogis, Chavannes-des-Bois, Commugny, Coppet, Founex, Mies et Tannay) a été rejeté par le législatif de Founex par 25 voix contre 15.  Dix conseillers  donnent ainsi la victoire au camp minoritaire du refus. C’est la loi qui veut ça. Il n’y a pas lieu de contester et de verser des larmes.  

On peut juste  regretter qu’on prive le peuple de s’exprimer.  La population, qu’elle soit pour ou contre, était intéressée par ce projet comme le prouve une enquête faite en 2008. Le projet de Convention était bien ficelé. Il était issu d’une analyse très fine de la situation des huit communes, menée en collaborations avec les autorités et les employés concernés.  Le conseil de Founex a privé les électeurs d’un débat de société et c’est dommage.  Maracon a joué avec  plus d’élégance en se retirant avant de tout faire capoter.  

Il n’y a pas lieu de s’étendre ici sur les problèmes de ces communes riches où la politique foncière, l’aménagement du territoire et la délimitation des zones de construction pèsent un poids considérable. Faute de campagne, on ne saura pas les arguments des uns et des autres pour gérer la pression démographique et immobilière.  

Revenons à Oron.  

Les conditions à Oron ne sont pas comparables à celles de Terre Sainte. Ici, les conseils des deux plus grandes communes ont accepté la Convention de fusion à l’unanimité et trois abstentions. On ne peut donc pas dire comme en Terre Sainte, où Founex la  grande a fait barrage,  que "les fusions sont une planche de salut pour les pauvres, snobées par les riches". A remarquer qu’avec de telles idées, on ne va pas loin: la preuve !  

Autre différence: la région d’Oron a pour elle d’être une région  géographique, culturelle et économique bien définie avec ses villages et ses bourgs. Elle a un quant à soi marqué, des intérêts communs (ses Associations le prouvent) et une envie d’exister en tant que telle dans  un district éclaté en trois entités : l’Est lausannois, Bourg-en-Lavaux et la région d’Oron. Dès lors le projet de fusion est naturel car il répond à une réalité qui sous-tend la vie régionale.  

La chance des dix communes engagées dans  le processus de fusion est que le débat se déroule à tous les niveaux. Il a eu lieu entre élus depuis le début du processus, en 2006, pour proposer une Convention de fusion. Il a eu lieu au sein des Conseils le 28 juin dernier qui ont accepté la Convention. Il a actuellement  lieu sur la place public en vue des votations du 28 novembre. Une chance pour les citoyens de ce coin de pays que n'auront pas eu ceux de Terre Sainte.  

Claude Quartier