Fusion: premier bilan fribourgeois
En décembre 2009, Micheline Guerry-Berchier a publié son travail de diplôme sur le bilan des fusions des communes dans le canton de Fribourg. Ce travail issu d’une enquête auprès des communes fusionnée est à disposition ici
Un projet de société
On a déjà une certaine expérience de l’après fusion dans le canton de Fribourg, sachant que 41 fusions ont eu lieu entre 2000 et 2006. Les réactions sont largement positives. Elles montrent que la fusion est finalement plus un projet de société qu’un sec programme de rationalisation des collaborations intercommunales.
" La fusion des communes fait elle-même fusionner les idées, renforce et réunit les ressources humaines et financières qui porteront le projet. C’est un projet de tous pour tous." conclut l’auteur de l’étude.
A remarquer aussi que la fusion n’a pas porté ombrage aux identités villageoises. Au contraire, car toutes les communes fusionnées tiennent à entretenir les fêtes et traditions de chaque localité, qui font la richesse du patrimoine local. L’enquête auprès des sociétés locales confirment cette vision: 80% des réponses sont positives quant à la fusion.
Point de vue investissements, le recul manque encore. Globalement la politique d’investissements est plus dynamique dans les nouvelles commues. Des projets impossibles à réaliser avant fusion le deviennent : abris-bus, trottoirs, assainissement de passages à niveau, véhicules de voirie. Mais attention, la répartition des investissements par village reste une pierre d’achoppement dont il faut tenir compte pour satisfaire les besoins et les particularités de chacun.
Longue gestation
Les fusions dans le canton de Fribourg comme dans le canton de Vaud sont un long processus, dont il faut gérer soigneusement le déroulement. Entre le début des discussions et l’entrée en vigueur, il a fallu en moyenne trois ans à Fribourg, alors qu’il faudra en compter six dans la région d’Oron si le projet aboutit.
Pour la mise en place de la nouvelle commune, compter encore une législature, soit en tout quelque dix ans pour réaliser un projet de A à Z. On peut s’étonner d’une telle durée, motivée en fin de comptes par la complexité des dossiers et la lente évolution des opinions publiques.
Durant tout le déroulement des travaux, les administrations des anciennes communes, puis celle de la nouvelle commune sont très sollicitées. Avant fusion, elles collectent toutes les données nécessaires pour élaborer une Convention qui tienne la route. Après fusion, la nouvelle administration est au charbon avec l’augmentation de la population et les tâches d’harmonisation des règlements et des services. Le tout dans un climat psychologique pas toujours facile à vivre avec les craintes suscitées par la restructuration.
Mais là encore, le bilan fribourgeois est positif: 70% des communes ayant répondu à l’enquête ont procédé à une augmentation du salaire du personnel communal en plus des adaptations usuelles. Parallèlement, la structure administrative a été renforcée: informatique plus solide, adaptation des locaux, engagement de personnel qualifié, formation d’apprentis.
Au total, sur Fribourg, les fusions offrent un bilan positif quand elles permettent d’augmenter la qualité des prestations à long terme tout en renforçant la région dans le contexte politique, économique et social actuel.
Claude Quartier
Référence: Fusions des communes dans le canton de Fribourg. Bilan de l’exercice du point de vue des communes fusionnées. / Micheline Guerry-Berchier / Idheap / décembre 2009 / Cliquez ici


