Ce qui unit et ce qui divise  (article paru dans "Le Courrier" du 19.2.2009)

 

Dans son édition du 12 février, Le Courrier a présenté le projet de fusion qui occupe onze communes de la région d'Oron depuis que l'idée d'un rapprochement a été lancée en septembre 2006. Après un sondage d'opinion favorable, après l'acceptation par les onze conseils d'un préavis d'intention, le choix d'un bureau d'étude (Compas Management Services) et un premier rapport publié en septembre 2008, on passe à la vitesse supérieure. Il s'agit de déterminer maintenant l'opportunité, le périmètre et la forme idéale pour un rapprochement entre les communes concernées. Fusion, association, collaboration, statut quo? Tout est possible et rien n'est écarté. Selon les conclusions de l'étude stratégique qui vient d'être lancée, il est possible qu'une ou plusieurs communes renoncent à toute fusion au profit d'une association plus lâche, alors qu'un groupe décide d'aller de l'avant. Tout est ouvert. Et c'est beaucoup plus intelligent de procéder ainsi que d'aller au casse pipe avec des votations populaires perdues d'avance comme au Vully ou dans la Broye.

 

Qui se ressemble s'assemble

 

Les communes voisinent ont chacune leur histoire, mais vivent dans un même environnement. Elles ont leur identité propre et beaucoup de points communs. Par exemple ont-elles une communauté de destin? C'est-à-dire des stratégies de développement similaires ou compatibles entre elles, voire même complémentaires?  Si oui un rapprochement communal se justifie, si non moins.

Dans un autre domaine, ont-elles une situation financière comparable: capacité d'investir, force fiscale par habitant, coefficient d'impôt communal? Plus ces critères sont proches, plus le rapprochement intercommunal est facilité.

Idem pour l'opinion publique. Sachant qu'on marie difficilement la carpe et le lapin, une commune rouge avec une commune noire, plus les opinions publiques convergent, plus la collaboration est facile.

 

Au programme: six séance de travail

 

Pour que les communes puissent choisir en toutes connaissances de cause d'aller vers un plus grand rapprochement, il faut analyser la situation de chacune par rapport aux autres pour voir ce qui unit et ce qui divise. C'est la tâche à laquelle se sont attelés municipaux et conseillers, en tout une soixantaine d'élus des communes concernées, les 9 et 10 février à Maracon. Réunis tous ensemble mais travaillant par commune, ils ont répondu à un ensemble de questions bien préparées par le bureau d'étude. Une vingtaine de critères ont été analysés lors de ces deux premières soirées. Ils concernaient les finances, le développement et l'opinion publique.

Quatre autres séances sont prévues dans la première quinzaine de mars pour aller toujours plus à fond dans la connaissance intime des communes et de leurs priorités. Le 3 mars prochain, les participants s'attaqueront à l'intendance, à la conduite administrative, à la conduite politique et aux ressources humaines. Et ainsi de suite. C'est sur la base de cette analyse issue de la réflexion des élus que l'étude stratégique sera finalement élaborée pour que municipalités et conseils décident ou non d'aller plus loin.

 

Claude Quartier