Maracon

Bye-bye Maracon (article paru dans "Le Courrier" du 27.5.2010)

Mercredi 19 mai: séance du Conseil général de Maracon dans la grande salle. Ouverture à 20h15. La séance commence par l'assermentation de 18 nouveaux conseillers. Le sujet intéresse. Il s'agit de décider une fois pour toute si Maracon se retire ou non du processus de fusion.  

La position de la Municipalité ne change pas. C'est non à la fusion car techniquement et politiquement elle ne se justifie pas. Les avantages ne compensent pas les inconvénients et la perte d'autonomie communale est trop importante.  

Les pro fusion disent l'intérêt de s'intégrer à une politique régionale dynamique, la force qui résulte de l'union, la chance de pouvoir participer activement à la création d'une nouvelle commune. Les anti fusion évoquent l'autonomie communale, le privilège d'être maître chez soi, la vanité des grandes constructions pour le citoyen de base. Tout le monde campe sur ses positions.

Le vote à bulletins secrets est demandé. Le verdict tombe à 22h10.  34 voix pour se retirer, 23 voix pour continuer, 2 bulletins blancs. Applaudissements dans l'assemblée. A 60% des voix, le conseil général de Maracon a pris la décision de se retirer du processus de fusion.

Bonne chance à tous

Bye-bye Maracon! On secoue le mouchoir pour dire adieu à ceux qui partent avec un œil qui pleure et l'autre qui rit.

Un œil qui pleure pour la déception de perdre dans l'aventure une riche pièce du puzzle local.  Autorités compétentes et concernées, dynamisme social, participation active à la vie locale, solide conviction en la démocratie directe: autant de qualités qui auraient pu être valorisées dans la commune à naître. Ils ont eu peur que leur art de vivre se délite dans un grand ensemble. Cette crainte et ce retrait sont un appauvrissement pour tous. 

Un œil qui rit pour saluer la fin de ces tergiversations. Cela fait une année que l'on traîne cette sourde résistance, ce Maracon sur les pattes arrières, ces autorités participant à contre cœur à un processus auquel elles ne croient pas. Bye bye Maracon et merci d'avoir quitté le bateau avant de le faire chavirer.  

Finalement, on peut se souhaiter bonne chance réciproquement. Bonne chance aux dix communes qui veulent faire aboutir un projet ambitieux dans lequel elles s'investissent de bonne foi et sans arrière-pensée. Bonne chance à Maracon 424 habitants, 439 ha, ses eaux, sa forêt, son église, sa grande salle, ses certitudes.

Claude Quartier

Première séance publique. (article paru dans "Le Courrier" du 22.4.2010)

Lundi soir 19 avril,plus de cent personnes étaient présentes à Maracon. La grande salle était pleine pour la première séance d'information publique concernant la fusion.  

En ouverture, le syndic de Maracon, Jean-Claude Serex a retracé l'histoire de la fusion. Il a souligné que dans les premiers rapports de synthèse, Maracon est toujours apparu un peu moins "fusionnable" que les dix autres communes. Il conclut son exposé en énumérant les six raisons qui poussent la Municipalité à s'opposer à la fusion:

  • la commune dispose de suffisamment de services et d'infrastructures pour un fonctionnement autonome.

  • La commune a réalisé des investissements nécessaires au maintien du patrimoine.

  • Le fonctionnement politique de la commune n'a jamais été mis en péril et ne l'est pas aujourd'hui.

  • Les services offerts par les organisations intercommunales répondent aux besoins de la commune et la fusion n'apporte pas de changements.

  • La commune a déjà vécu une fusion avec la Rogivue en 2003 et s'en trouve renforcée.

  • La fusion implique une perte de proximité ainsi qu'une perte de pouvoir de décisions.

Arguments pour la fusion 

Les pro-fusion se sont exprimés par la voix de Xavier Koeb. Aux six arguments négatifs avancés par la Municipalité, il oppose cinq bonnes raisons pour fusionner.

  • Augmenter la masse critique de la commune qui avec 450 habitants ne peut plus développer de projets d'utilité générale.

  • Etre acteur dans la région plutôt que subir les choix et les décisions prises par d'autres.

  • Avoir une vision plus large de la richesse objective de la région et participer à son renforcement.

  • Mettre en place des structures de service plus efficaces et profiter des économies d'échelle.

  • Assurer un renouvellement plus large de l'exécutif avec d'avantage de choix de candidats.  

Le syndic de Palézieux a apporté le message du Copil. "Nous avons besoin de tout le monde et la commune de Maracon est toujours la bienvenue. Quant à la fusion, comme dans un mariage, il faut y croire, faire confiance dans l'avenir et voir plus loin que le bilan des points positifs ou négatifs."

Pour une administration solide

L'excellent Laurent Curchod, chargé des fusions de communes au canton, a lui aussi parlé d'avenir. " Si les fusions ont le vent en poupe, c'est que la société a évolué. Le volume et la complexité des tâches ont augmenté. Les plans directeurs régionaux de développement répondent mieux aux exigences de la société que des mini plans de développement communaux. Enfin le problème de recrutement des autorités devient aigu, preuve en sont les  350 élections complémentaires qui ont eu lieu dans les communes depuis 2006. "

Il a aussi introduit une réflexion intéressante sur le rôle de l'administration communale. "Une administration communale digne de ce nom ne se résume pas à l'ouverture du bureau tant d'heures par jour ou par semaine. Une administration communale à la page doit être adaptée aux exigences actuelles et futures de la gestion publique. Ce qui n'est pas à la portée de trop petites communes."

Ceci dit, le Conseil général de Maracon prendra sa décision en toute liberté le mercredi 19 mai en acceptant ou refusant la motion Visinand qui demande que la commune se retire du processus de fusion.

Claude Quartier

Maracon veut plus d'informations avant de prendre sa décision (article paru dans "Le Courrier" du 25.2.2010)

Un seul objet au Conseil général de Maracon le 18 février : la réponse à la motion de Marc Visinand demandant le retrait de la commune du processus de fusion. Le motionaire avait amené le champagne pour fêter la victoire du "non". Il lui faudra attendre le 18 mai au plus tard pour le boire, le Conseil général ayant renvoyé la votation finale à la prochaine séance.

Pourquoi ce renvoi? Pour être mieux informé. Depuis novembre, le bureau Compas-conseil collecte les données pour construire la nouvelle entité sur des bases solides. Parallèlement les commissions planchent pour définir les grands traits de la nouvelle commune et ce que pourraient être ses objectifs sociaux, techniques et politiques. Les premiers résultats de ce travail de base seront présentés aux élus le 24 février à la grande salle d'Ecoteaux. En mars, les rapports des groupes technique, administratif, éducation, finances et politiques seront soumis à validation. Tout cela pour dire que dans les semaines à venir il y aura bien plus d'informations disponibles qu'aujourd'hui. 

"Attendons ces informations avant de prendre une décision définitive" ont plaidé les partisans de la fusion. Ils ont été suivis par plus du cinquième des membres du conseil général. Le vote définitif a été repoussé au 18 mai au plus tard, date agendée du prochain Conseil. A moins qu'une séance extraordinaire soit prévue pour liquider cet objet.

Opposition déterminée

Ce report pèse à la Municipalité et fâche les opposants. Leur groupe très déterminé a fait sa religion et ne veut pas entendre parler de fusion, quels que soient les résultats des commissions d'étude. "Mieux vaut être le premier dans son village que le second à Rome" comme disait Jules César. "Que ceux qui se sentent à l'étroit dans la commune aillent vivre ailleurs". Donc pour eux, question de principe, c'est "niet", information ou pas. 

La Municipalité, opposée à la fusion depuis le début, est plus nuancée. Le syndic Jean-Claude Serex reste objectif. Le préavis qu'il signe demande le retrait du processus de fusion tout en restant mesuré. L'argument est basé sur le bilan des avantages et des inconvénients que chacun est libre d'interpréter comme bon lui semble et sur la bonne santé générale de la commune. "En conclusion la Municipalité estime que la commune de Maracon  peut être compatible dans le cadre d'une fusion, mais que l'opportunité d'une fusion et la clause du besoin ne sont pas démontrées."

Pas de décisions formelles mais avec une Municipalité et un Conseil opposés à la fusion, il est probable que le couperet tombe prochainement sur ce projet.

Les limites de l'information

Lors des débats, les partisans n'ont pas fait acte de foi en disant "oui à la fusion ou nom de l'avenir, de la région et d'un projet de société", mais ils ont fait plutôt preuve d'esprit comptable en cherchant à tirer le bilan positif ou négatif de la fusion. Exercice difficile car dans ces processus, il faut être à la fois stricte et souple.

Les règles de base doivent être fixées pour la représentation politique, le taux d'imposition, les plans d'aménagement, la mise à niveau des règlements communaux, les délais à respecter, la localisation de l'administration communale, le nom, les armoiries de la nouvelle commune. Pour le reste il faut laisser une grande latitude aux autorités qui seront élus pour construire la nouvelle commune. Transports, communication, investissements, infrastructure, politique d'intégration des étrangers, taxes ou autres, autant de décisions à prendre une fois mariés.

Ainsi l'information sur le devenir ne sera jamais complète car la nouvelle  commune se crée en existant.

 Claude Quartier

Maracon investit et s'interroge  (article paru dans "Le Courrier" du 10 décembre 2009)

 Le Conseil général de Maracon a tenu séance vendredi 4 décembre. Sur les bancs, 35 membres dont deux nouveaux assermentés. A l'ordre du jour:

 –       le budget, accepté à l'unanimité;

–       un investissement de 1'146'000 fr pour boucler le réseau et remplacer la conduite d'eau potable datant de 1913, accepté à l'unanimité;

–       un investissement de 140'000 fr pour le raccordement de la commune au réseau internet à haut débit, accepté à l'unanimité.

 Unanimité sur tout: bonne soirées pour la Municipalité!

 La motion "fusion"

 Restait en fin de séance à traiter d'une motion intitulée "Pour se retirer du processus de fusion". On sait que Maracon se tâte dans le processus de fusion actuellement en cours dans la région d'Oron. Alors que les dix autres communes concernées sont en plein dans le processus de fusion, Maracon est encore dans le processus de discussion.   Les dix communes partenaires se demandent comment fusionner et comment construire la nouvelle commune, alors que Maracon s'interroge "pourquoi fusionner et dans quels buts".

 Ce décalage dans le temps et dans le questionnement complique le dialogue et rend difficile le travail de la Municipalité au sein des diverses commissions qui préparent intensivement la fusion. En ce sens la motion est bienvenue car elle permet à la Municipalité et au Conseil général de prendre clairement position sur la fusion. Certains voulaient organiser de suite une votation populaire. Ce qui a été refusé, la population ne pouvant pas valablement se prononcer sur un simple projet. "Il faut laisser faire leur travail aux autorités avant d'en appeler au peuple" a précisé le syndic Jean-Claude Serex. 

 Avec 25 voix pour, 8 contre et deux abstentions, l'entrée en matière a été largement soutenue. Prenant acte du vote de l'Assemblée, le  syndic a défini la marche à suivre.

 " La Municipalité va élaborer une réponse faisant le bilan des points positifs et négatifs d'une fusion pour la commune. Une séance extraordinaire du Conseil général sera convoquée pour discuter de ce préavis, probablement fin février début mars.  Comme le dossier de fusion avance et que le visage de la nouvelle commune se dessine petit à petit, nous aurons des éléments concrets pour étayer notre préavis. Ce sera donc sur une base solide que le Conseil général pourra prendre sa décision. Et ceci assez tôt pour que nous puissions participer pleinement aux travaux de fusion s'il accepte ou se retirer sans dommage pour les autres s'il refuse d'aller plus loin."

 En définitive, le Conseil général a bien fait d'entre en matière sur la motion "fusion". Cela permet à la Municipalité et au Conseil général  de Maracon de prendre une position claire et définitive dans un délai raisonnable.  Ce qui est indispensable pour la population de la commune comme pour toutes les instances engagées dans le processus de fusion.

 Claude Quartier 

Dix communes et Maracon (article paru dans "Le Courrier" du 7.5.2009)

 250 personnes étaient présentes à l’Aula du collège d’Oron le 31 avril. La présentation du rapport stratégique au public est une étape importante dans le processus de fusion engagé par onze commune de la Haute Broye: Bussigny-sur-Oron, Châtillens, Chesalles-sur-Oron, Ecoteaux, les Thioleyres, Maracon, Oron-la-Ville, Oron-le-Châtel, Palézieux, Vuibroye. Le rapport a pour objectif de répondre à trois questions :

 

  • Quelle forme d’association adopter: collaboration ponctuelle ou étendue, fédération de communes, fraction de communes comme à la Vallée de Joux ou fusion ?

  • Quel  périmètre retenir pour quel type de fusion. Faut-il aller de l’avant avec les onze communes ou ne retenir qu’une partie d’entre elles ?

  • Quelles lignes de forces prioritaires sont-elles à respecter pour réussir le mariage ?

 

Fin de seconde étape

 

La course à la fusion se court en quatre étapes. On arrive au terme de la deuxième.

 

Première étape. Une analyse de la situation de chaque commune a été faite avec l’aide du personnel communal.

Deuxième étape. Sur la base des données récoltées et du travail d’un groupe d’élus par commune, on analyse dans un rapport stratégique si les communes engagées dans le processus sont assez semblables pour envisager un avenir commun.

Réponse: c’est cinq fois oui. Oui pour la communauté de destin: on a les mêmes intérêts et les mêmes stratégies. Oui pour l’opinion publique: on vote de la même manière dans les communes concernées. Oui pour les finances: à quelques nuances près on a des structures financières comparables. Oui pour les prestations: on offre les services identiques et de qualité comparable. D’où les conclusions de l’expert Gilles Léchot:

« Pour les communes de Bussigny-sur-Oron, Châtillens, Chesalles-sur-Oron, Ecoteaux, Oron-la-Ville, Oron-le-Châtel, Palézieux, Les Tavernes, Les Thioleyres et Vuibroye, le rapport stratégique plaide clairement en faveur d’un rapprochement intercommunal allant jusqu’à la fusion. » Mais où est Maracon ?

 

Maracon : dossier à creuser

 

Il manque Maracon et l’expert s’explique

 

« En analysant les remarques du groupe de travail de Maracon qui a participé à l’élaboration du rapport stratégique, on constate que les avantages d’une fusion sont insuffisants pour cette commune. Ce qui nous amène à la recommandation de se retirer du projet de fusion »

 

Bombe dans l’assemblée. Incompréhension des gens de Maracon présents dans la salle. Interrogation devant la carte amputée de fusion amputée de Maracon. Réaction mesurée et apaisante du syndic Jean-Claude Serex.

 

« Le processus élaboré par Compas Management Services  prévoit qu’à chaque étape de l’étude de fusion une commune puisse se retirer. Suite à la première consultation populaire, Esserts a dit ne pas vouloir aller plus loin. Et nous nous sommes retrouvés onze plutôt que douze. Aujourd’hui la question est posée à Maracon : faut-il poursuivre l’exercice et entrer dans la phase opérationnelle? La question peut paraître brutale et choquante. Notre commune semble isolée comme mise à l’index. Ce n’est absolument pas le cas. La situation est parfaitement conforme au processus qui doit mener les communes jusqu’à la votation finale. A la Municipalité, au Conseil et  la population de creuser le dossier et de répondre avant l’été à la question qui nous est posée : veut-on aller jusqu’à la fusion oui ou non ? Mieux vaut être clair d’emblée plutôt que de faire capoter en votation finale un projet si difficile à mener à bien. »

 

Suite des travaux

 

On attend donc avec intérêt la prise de position de Maracon ainsi que celles des dix communes déclarées « fusion compatibles ». Les instances communales doivent maintenant se positionner par rapport aux recommandations des experts et décider ou non de passer à la phase opérationnelle. Un préavis commun sera présenté à chacun des onze conseils communaux et généraux au mois de juin avec une question : « Acceptez-vous de donner mandat à la Municipalité d’entrer dans la phase opérationnelle du projet de fusion avec les communes concernées ? »

 

Sur cette base les communes acceptantes mettront en route l’étude opérationnelle dès l’automne 2009 avec l’ambition d’arriver en votation populaire au printemps 2011, avant le renouvellement des autorités communales. 

 

Claude Quartier