Maracon veut plus d'informations avant de prendre sa décision (article paru dans "Le Courrier" du 25.2.2010)
Un seul objet au Conseil général de Maracon le 18 février : la réponse à la motion de Marc Visinand demandant le retrait de la commune du processus de fusion. Le motionaire avait amené le champagne pour fêter la victoire du "non". Il lui faudra attendre le 18 mai au plus tard pour le boire, le Conseil général ayant renvoyé la votation finale à la prochaine séance.
Pourquoi ce renvoi? Pour être mieux informé. Depuis novembre, le bureau Compas-conseil collecte les données pour construire la nouvelle entité sur des bases solides. Parallèlement les commissions planchent pour définir les grands traits de la nouvelle commune et ce que pourraient être ses objectifs sociaux, techniques et politiques. Les premiers résultats de ce travail de base seront présentés aux élus le 24 février à la grande salle d'Ecoteaux. En mars, les rapports des groupes technique, administratif, éducation, finances et politiques seront soumis à validation. Tout cela pour dire que dans les semaines à venir il y aura bien plus d'informations disponibles qu'aujourd'hui.
"Attendons ces informations avant de prendre une décision définitive" ont plaidé les partisans de la fusion. Ils ont été suivis par plus du cinquième des membres du conseil général. Le vote définitif a été repoussé au 18 mai au plus tard, date agendée du prochain Conseil. A moins qu'une séance extraordinaire soit prévue pour liquider cet objet.
Opposition déterminée
Ce report pèse à la Municipalité et fâche les opposants. Leur groupe très déterminé a fait sa religion et ne veut pas entendre parler de fusion, quels que soient les résultats des commissions d'étude. "Mieux vaut être le premier dans son village que le second à Rome" comme disait Jules César. "Que ceux qui se sentent à l'étroit dans la commune aillent vivre ailleurs". Donc pour eux, question de principe, c'est "niet", information ou pas.
La Municipalité, opposée à la fusion depuis le début, est plus nuancée. Le syndic Jean-Claude Serex reste objectif. Le préavis qu'il signe demande le retrait du processus de fusion tout en restant mesuré. L'argument est basé sur le bilan des avantages et des inconvénients que chacun est libre d'interpréter comme bon lui semble et sur la bonne santé générale de la commune. "En conclusion la Municipalité estime que la commune de Maracon peut être compatible dans le cadre d'une fusion, mais que l'opportunité d'une fusion et la clause du besoin ne sont pas démontrées."
Pas de décisions formelles mais avec une Municipalité et un Conseil opposés à la fusion, il est probable que le couperet tombe prochainement sur ce projet.
Les limites de l'information
Lors des débats, les partisans n'ont pas fait acte de foi en disant "oui à la fusion ou nom de l'avenir, de la région et d'un projet de société", mais ils ont fait plutôt preuve d'esprit comptable en cherchant à tirer le bilan positif ou négatif de la fusion. Exercice difficile car dans ces processus, il faut être à la fois stricte et souple.
Les règles de base doivent être fixées pour la représentation politique, le taux d'imposition, les plans d'aménagement, la mise à niveau des règlements communaux, les délais à respecter, la localisation de l'administration communale, le nom, les armoiries de la nouvelle commune. Pour le reste il faut laisser une grande latitude aux autorités qui seront élus pour construire la nouvelle commune. Transports, communication, investissements, infrastructure, politique d'intégration des étrangers, taxes ou autres, autant de décisions à prendre une fois mariés.
Ainsi l'information sur le devenir ne sera jamais complète car la nouvelle commune se crée en existant.
Claude Quartier


