Info fusion aux Tavernes (article paru dans "Le Courrier" du 3.6.2010)
C'est des Tavernes que tout est parti. C'est en effet la Municipalité de cette localité de 129 habitants dispersés dans la nature qui a lancé l'idée de la fusion en 2007. Riche initiative, qui aboutit aujourd'hui à une Convention de fusion réunissant dix communes. Le 25 mai, dans la petite salle du collège des Tavernes, la Convention était présentée à une trentaine de participants, ce qui est plus qu'honorable au vu de la population du village.
Pas de nouveautés dans la présentation, sinon que le projet de Convention est maintenant définitif. Il a été mis à jour après le retrait le 19 mai de Maracon du processus de fusion. Il doit être accepté dans les plus brefs délais par les dix Municipalités, qui peuvent encore lui apporter de minimes corrections. Puis accompagné d'un préavis, il sera adressé aux commissions ad' hoc et aux membres des Conseils pour débat et adoption dans la séance commune des Conseils le 28 juin.
Aux Tavernes, on a pris connaissance avec intérêt des conclusions de l'étude menée par le bureau Compas et du projet de Convention. L'auditoire était bien conscient qu'une page de l'histoire locale était en train de se tourner. L'autonomie communale a été peu à peu vidée de sa substance par les exigences cantonales, par la péréquation, par la mobilité et les besoins accrus des nouveaux habitants de la région. Dans ces conditions, on ne peut plus vivre chacun pour soi en offrant tous les services mais trop rarement pour devenir vraiment performant. Il faut regarder l'avenir en face: une gestion régionale efficace pousse à la création d'une structure plus grande et mieux outillée. Ceci étant le défi consiste à maintenir la vie locale dans le cadre d'une commune recomposée.
Questions politiques
Au chapitre des questions, on s'interroge sur le devenir politique de la nouvelle commune. Va-t-on trouver des gens assez compétents pour assurer la conduite de la grande commune d'"Oron"? L'électorat va-t-il basculer à gauche sous l'influence des pendulaires? Le Conseil communal sera-t-il le jouet d'une politique partisane plutôt qu'attentif à l'intérêt général de la population? Difficile de répondre à ces questions, mais l'observation de ce qui se passe ailleurs permet d'avancer quelques hypothèses.
Dans les communes d'environ 5000 habitants avec un bon potentiel de développement comme à "Oron", on peut payer normalement les Municipaux, donc on en trouve. Ce sont souvent des personnes ayant de très bonnes compétences qui diminuent leur activité principale de quelque 20% pour se consacrer à la commune. Et qui le font d'autant plus volontiers s'il y a des dossiers intéressants à traiter comme ce sera le cas lors de la mise en place des nouvelles institutions.
Dans ces communes de moyenne importance, on ne souhaite en général pas introduire les partis au Conseil, car dans la plupart des cas ce qui est discuté n'a pas de contenu réellement politique. On y traite d'intérêts locaux qui ne sont ni de gauche ni de droite. Quant à l'électorat, la fusion ne le fera pas à priori changer de bord. Dans la région d'Oron il est de centre droite et si cette sensibilité veut continuer à se faire majoritairement entendre, à elle de se donner les moyens de ses ambitions.
Claude Quartier


