Information sans passion à Oron-le-Châtel (article paru dans "Le Courrier" du 17.6.2010)
Opposition muette, silencieuse ou inexistante ? La syndique Danielle Richard d'Oron-le-Châtel s'interroge. "Nous sommes à l'écoute des habitants. Nous organisons une séance d'information pour donner la parole à chacun. Nous sommes pour la fusion mais respectueux des opinions de tous. Mais rien, l'opposition ne se manifeste pas."
Silence. Est-ce de l'indifférence ? Une acceptation tacite de ce qui semble bon pour la région ? Ou un calme trompeur avant le jour J, le 28 juin, grand soir de débat dans les dix Conseils concernés ? Un brin d'incertitude plane à Oron-le-Châtel ce qui n'altère pas la sérénité de la syndique.
Mardi 8 juin, devant une salle d'une trentaine de personnes, elle a exposé très simplement les tenants et aboutissants de la fusion en cours. Elle a montré tout l'intérêt à créer une unité administrative forte, comptant plus de 4500 habitants et gérant un territoire de 2460 ha. Elle a rappelé les avantages d'une fusion: assiette fiscale plus solide moins sujette à fluctuation, administration communale plus performante, rayonnement accru, possibilités de concevoir des projets plus ambitieux.
Elle n'a pas omis de dire ce qui fait peur aux gens: perte de proximité, perte d'autonomie communale, centralisation et remplacement de 48 municipaux de milice, dévoués et compétents, par des fonctionnaires plus lointains.
Puis la discussion a apporté son lot de questions toujours intéressantes car reflétant les préoccupations des habitants.
Questions
Armoiries. Pourquoi avoir abandonné les armoiries d'Oron-le-Châtel qui sont parmi les plus anciennes du canton ? Affaire de compromis. Oron-le-Châtel se reconnaît bien dans le nom "Oron" de la nouvelle commune. Les séances du Conseil communal auront lieu au Château d'Oron. On ne pouvait pas tout avoir.
Origines. Il est inacceptable de perdre son origine ! La loi est ainsi faite que l'on est originaire d'une commune mais pas d'un village. Pour ses voisins ou ses connaissances on sera toujours d'Oron-le-Châtel ou d'Ecoteaux. Pour l'administration, on sera de la commune d'"Oron". A cela il n'est rien à faire, mais est-ce vraiment important ?
L'endettement de la commune d'Oron-la-Ville fait peur. Les finances de la nouvelle commune sont équilibrées avec un taux de 73, compte tenu de la reprise des actifs et passifs de toutes les communes concernées. D'autre part l'endettement d'Oron–la-Ville vient surtout du collège qui est autofinancé dans le cadre du regroupement scolaire.
Quelle est l'organisation prévue de la nouvelle commune ? Tout est à créer. Le personnel sera réengagé aux mêmes conditions qu'actuellement. Les cahiers des charges seront revus en fonction des besoins et des compétences. Si la fusion est acceptée, le Comité de pilotage se mettra au travail dès le début de l'année 2011 pour construire la nouvelle administration avec un bureau conseil. La participation cantonale de 2,7 millions permet de financer ces études de démarrage.
Claude Quartier


