28 novembre: oui ou non, c’est un petit bout d’histoire régionale que l’on écrit

Sur le site www.questionfusion.ch, vous trouverez une compteur  qui donne à la minute le temps qui nous sépare de ce petit moment d’histoire régionale. Au reçu de ce journal, il devrait rester 2 jours, quelques heures et quelques minutes avant la fermeture du scrutin à 11h00, le 28 novembre. C’est rare de vivre un instant d'histoire. Si c’est le oui qui l’emporte dans  les dix communes, le 28 novembre 2010 sera la date de conception de la nouvelle commune d’Oron, à naître officiellement le 1 janvier 2012. Elle restera dans  les mémoires. Mais si une commune dit non, la date sera vite oubliée car elle ne sera qu’une péripétie parmi d’autres dans la lente élaboration d’un Etat confédéral, cantonal et communal moderne.

Mathématiques amusantes 

Quand pour une fois, on a la chance d’écrire un petite chapitre de notre longue histoire régionale, la place du bulletin de vote n’est pas à la corbeille à papier mais bien dans l’urne du bureau communal.  D’autant plus que ce vote est curieux. 

Raisonnons par l’absurde. Le projet pourrait échouer par 33 non contre 3602 oui ! En effet, 3635 bulletins de vote ont été distribués sur l’ensemble des dix communes, dont 65 à Bussigny-sur-Oron, la plus petite commune de l’ensemble. Si la majorité refuse, soit 33 personnes sur 65, adieu la fusion à dix,  le dossier est à revoir ! Le nombre de non peut encore être plus faible si on table sur une participation de 70%. Il suffirait alors de 23 non contre 2521 oui pour faire basculer toute l’affaire. 

Tout ceci n’est que mathématiques amusantes, mais c’est pour dire combien chaque vote dans chaque commune est important. Car la pire des choses dans  ce cas est l’abstention. Raisonnons encore une fois par l’absurde. Admettons que dans une commune, deux personnes votent et toutes les autres s’abstiennent. L’une dit oui, l’autre dit non. Pour ce seul non, toute la fusion capote ! Inacceptable pour les neuf autres communes ! Alors votez ! 

La jeunesse est "fusionnée" 

Dans ce débat, on a relativement peu parlé de la jeunesse, quoique des places d’apprentissage et une bibliothèque soient prévues au programme, ainsi qu’une participation financière accrue aux sociétés locales.  Certains s’étonnèrent pourtant qu’il n’y eut pas une participation plus active des jeunes au projet. C’est que la jeunesse a une longueur d’avance, elle est déjà "fusionnée". Le regroupement scolaire réunit tous les élèves des communes concernées et même au-delà. Les jeunes font du sport dans  des clubs régionaux. Ils communient dans  la même paroisse. Ils empruntent les mêmes transports en commun. Pour eux, la fusion ne fait que concrétiser politiquement et administrativement une situation de fait, qui montre déjà comment les choses fonctionnent. 

Après quatre ans de réflexions, de consultations, d’élaboration, de compromis, de lente maturation, le fruit est mûr, prêt à cueillir ou à laisser tomber sous l’arbre. 

Rendez-vous ce dimanche, dans  les bureaux de vote et sur le site www.questionfusion.ch pour les résultats en temps réels. 

 

Claude Quartier